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Chapelle funéraires des Seigneurs de Boussu PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Mardi, 16 Août 2011 11:01

Jouxtant le chœur de l’église décanale Saint-Géry de Boussu-centre et située dans l’ancien cimetière paroissial désaffecté, cette chapelle romane, déjà citée en 1155 et 1188, restaurée et fortement remaniée, au début du seizième siècle, en style gothique hennuyer, possède, en son centre, une crypte voûtée, sur deux niveaux, dans laquelle reposent les différents seigneurs de Boussu des familles de Hennin - Liétard et de Caraman.

 

 

 

Véritable Panthéon de l’histoire locale pour les uns, reliquaire de la sculpture funéraire des anciens Pays-Bas pour les autres, cet édifice classé renferme le plus bel ensemble de mausolées Renaissance de notre pays et figure, d’ailleurs, sur la liste du Patrimoine Exceptionnel de la Région Wallonne.
Les différents murs et espaces de ce sanctuaire accueillent, en effet, au rez-de-chaussée, mausolées, gisants, urnes ou dalles funéraires dont voici une brève description.


  • Mémorial de Thierry de Hennin-Liétard (1406-1430) :

 

 



Ce bas-relief en pierre bleue de l’école tournaisienne, le monument le plus ancien conservé en ce lieu, rappelle le souvenir d’un pèlerin du Saint-Sépulcre décédé à son retour à Venise. Il est présenté à une Vierge en majesté par Sainte-Barbe et Saint-Christophe.


  • Mausolée de Jean de Hennin-Liétard (1499-1562) :

 

 



Premier comte de Boussu, colonel de la cavalerie impériale, grand écuyer de l’empereur Charles-Quint et de son épouse Anne de Bourgogne (1516-1551) : exception faite des deux statues d’adultes, réalisées après les destructions de 1572 et dues au ciseau de Luc Petit, tailleur d’images en Valenciennes, le mausolée, entièrement fait de marbre, notamment de Rance, avec ses statues en albâtre, est attribué, dans sa totalité, au grand artiste montois Jacques Du Broeucq, par ailleurs architecte du château de Boussu, fastueuse résidence de la Renaissance.
L’ensemble est surmonté d’un entablement à ressauts, sur lequel on peut admirer , au centre, un fronton présentant la figure de Dieu le père, entouré d’anges et de part et d’autre, à l’aplomb des colonnes cannelées à chapiteau corinthien, des statues de guerriers à l’antique s’appuyant de la main gauche sur un écu aux armes des défunts.


  • Mausolée de Maximilien de Hennin-Liétard (1543-1578) :

 

 

 

Gouverneur de Hollande, amiral du roi d’Espagne Philippe II, commandant suprême des armées des Etats Généraux, de son épouse Charlotte de Werchin († 1571), de leur fils Pierre de Hennin-Liétard (1569-1598), général d’artillerie et de son épouse Marguerite de Croÿ (1568-1614) : les quatre statues, avec manteau à leurs armes, en pierre blanche d’Avesnes, primitivement peintes, sont agenouillées devant le Christ. Le mausolée, conçu dans le même matériau, avec en son centre une vierge à l’enfant, est entièrement polychrome y compris les seize quartiers de noblesse des quatre défunts.


  • Mausolée de Maximilien II de Hennin-Liétard (1580-1625) :

 

 



Grand maître d’hôtel des archiducs Albert et Isabelle, membre du Conseil d’Etat et de son épouse Alexandrine - Françoise de Gavre (1587-1650) : servant également de maître-autel, celui-ci se compose de deux parties distinctes.

La partie supérieure faite de marbres divers avec des statues en pierre blanche d’Avesnes, dont une vierge à l’enfant, à la couronne dorée, et des angelots, est surmontée d’un petit retable de bois doré et d’albâtre figurant une descente de croix. La grande finesse des décors pourrait marquer une origine italienne.

La partie inférieure, quant à elle, est composée de la table d’autel reposant sur deux pierres bleues armoriées qui proviennent d’un mausolée de Thierry de Hennin -Liétard (1406-1430) et de son épouse Marie de Mortagne - Potelle, détruit en juillet 1572 par les Huguenots, au moment de la bataille d’Hautrage.


  • L’homme à moulons (vers 1515-1520) :

 

 

 

Transi en pierre blanche d’Avesnes peinte représentant un cadavre en putréfaction dont le corps est rongé par les vers. Cette appellation populaire lui vient du patois local nommant « moulons » les vers qui rongent une matière. Sur son corps, en grande partie décharné, voyagent d’étranges et repoussants animaux, courts ou fusiformes, aplatis ou flasques ressemblant à de petits serpents ou à des sangsues. Il s’agit là d’une œuvre parfaite de précision anatomique et d’effrayante vérité, marquant l’imagination de tous les visiteurs et typique de cette époque.


  • Le gisant maniériste (vers 1551) :

 

 



Il s’agit d’une sculpture en albâtre représentant un homme à l’article de la mort, étendu et en partie recouvert d’un drap, la tête posée sur une natte. Au dix-neuvième siècle, au vu de sa grande qualité, divers auteurs l’avaient attribué à Jean Goujon, statuaire des rois de France. Différentes études récentes y voient, plus logiquement, une œuvre du montois Jacques Du Broeucq, auteur du mausolée de Jean de Hennin-Liétard et Anne de Bourgogne auquel il se rattache historiquement. Le rapprochement avec le gisant d’Eustache de Croÿ, conservé à la cathédrale Notre-Dame à Saint-Omer, attribué à ce même sculpteur, en est un autre indice probant.


  • Urnes funéraires (1824 et 1839) :



Faites de marbres blanc et noir, ces urnes se trouvent sur des socles situés de part et d’autre du chœur. Elles contiennent les cœurs de Joséphine de Mérode -Westerloo (1765-1824), décédée à Paris, et de Louis -Charles-Victor Riquet de Caraman (†1839), décédé, pour sa part, à Montpellier.


  • Dalles funéraires renaissantes de Philippe de Hennin-Liétard (1535-1542) et de Marie-Béatrice de Velasco (1597-1599) :

 

 

 

Ces dalles funéraires, en pierre bleue, sont placées au sol, au pied du Mausolée de Jean de Hennin-Liétard et Anne de Bourgogne, respectivement parents et grands-parents de ces deux jeunes défunts.


Les deux transepts, voûtés sur toute leur largeur et dans la demi-épaisseur des murs, supportent chacun, à l’étage, une galerie s’ouvrant sur l’intérieur du sanctuaire par trois arcades, en plein cintre, s’appuyant sur des colonnettes en pierre à chapiteaux moulurés de style roman.
L’accès à ces galeries est distinct. En effet, on accède à la galerie nord, dite galerie des femmes, par une porte extérieure surélevée et à la galerie sud, dite galerie des hommes, par un escalier intérieur logé dans une tourelle. Les galeries permettaient au seigneur, à son épouse ainsi qu’à leurs hôtes de pouvoir assister séparément aux offices sans être en contact avec d’autres fidèles.

 

 

 

 

Depuis les travaux réalisés en 1982, ces galeries accueillent, en permanence, un musée d’art religieux dans lequel sont mis en valeur les principaux objets d’art religieux, essentiellement de la paroisse Saint-Géry de Boussu mais aussi de la paroisse Saint-Martin d’Hornu.
Citons notamment, sans que cette liste soit exhaustive, plusieurs statues en bois polychrome du douzième au dix-huitième siècle, des fragments de la chaire de vérité, des lutrins, canons d’autel, chandeliers et de nombreux calices, reliquaires, ciboires, ostensoirs, baisers de paix, encensoir, navette et autre chasubles.

Mise à jour le Mercredi, 14 Mars 2012 13:50
 
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