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La forteresse du Moyen-Age PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Mardi, 16 Août 2011 10:02

 

 

 

 

Description


Son aspect nous est connu grâce à deux plans, du début du XVIème siècle, conservés aux Archives de l’Etat à Mons, copiés d’après un plan réalisé à l’occasion d’un procès, en 1360, opposant les habitants de la seigneurie de Boussu à l’abbaye de Saint-Ghislain. On peut y voir une forteresse dont le plan en forme de quadrilatère est délimité par des courtines flanquées de tours rondes aux angles extérieurs. Des habitations disposées en ordre occupent une grande partie de l’espace intérieur. Le long d’un des côtés de ce quadrilatère se dresse un imposant donjon carré. On accède au château par une succession d’entrées fortifiées dont la structure, réutilisée au XVIème siècle, a pu être étudiée, en détail, lors des fouilles archéologiques. Derrière cet ensemble, se dresse une courtine semi-circulaire couronnée de créneaux et cantonnée de deux tours.

Les fondations observées à de nombreux endroits permettent d’affirmer qu’il s’agissait d’une forteresse considérable.

Historique


Rebâti après l'incendie de 975, le château est ravagé durant la guerre qui met aux prises Baudouin Ier, dit de Mons, et l'empereur Henri IV de 1067 à 1070.

A la fin du XIIème siècle, une vive contestation oppose Béatrice de Rumignies, dame de Boussu, à l'abbaye toute proche de Saint-Ghislain, au sujet de la juridiction trop en faveur de celle-ci, sur la terre de Boussu. Les choses vont d'ailleurs si loin que, par une lettre de 1188, le pape Grégoire VIII défend à cette dame de faire célébrer la messe en sa chapelle du château de Boussu sans l'autorisation de l'abbé de Saint-Ghislain. N'obtempérant pas à cet ordre, elle sera même excommuniée, en 1191, par le pape Célestin III.

Possession de la famille de Fontaine, le château devient, au XIIIème siècle, la propriété de la famille de Hennin-Liétard à la suite du mariage, en 1225, de Mahaut de Fontaine, dame de Boussu et de Baudouin II de Hennin-Liétard, dit le Jeune.

En 1402, le seigneur de Chaudmont, ennemi héréditaire du seigneur de Boussu, assiège son château. Après quelques jours de résistance, celui-ci est pris par les assaillants, livré au pillage et ravagé, partiellement, par un incendie.

Les possessions bourguignonnes appartenant à l'archiduc Maximilien d'Autriche depuis son mariage avec Marie de Bourgogne, la France reprend inlassablement la guerre entreprise, auparavant, contre Charles le Téméraire. C'est ainsi qu'en 1478, le roi de France Louis XI assiège et prend Tournai et Condé afin de ruiner le commerce de Valenciennes en occupant l'Escaut en aval de cette ville. Au cours de la même campagne, il attaque de nombreux châteaux de la région. Celui de Beloeil échappe aux Français grâce à l'adresse de l'écuyer Montaigle qui en est le gouverneur, tandis que le bâtard de Ligne réussit également à conserver le sien.

A Boussu, les choses vont se dérouler d'une tout autre manière. Pierre Ier de Hennin-Liétard, étant en campagne, avec l'armée de son souverain, en a laissé le commandement à Jean Gossart qui s'y est retranché avec la garnison et une partie de la population. Ayant parlementé avec monseigneur de Saint-Marcel, chef des assaillants, il rentre au château, décourage les assiégés et leur promet de l'argent en cas de reddition. Habile en fait de corruption, Louis XI avait fait son oeuvre. Le château ouvre ses portes et la garnison le quitte, la vie sauve. Jean Gossart prête alors serment au roi et se range au côté du seigneur de Saint-Marcel qui investit la place en compagnie d'une troupe importante.

Quelques semaines plus tard, la contre-offensive étant amorcée, le comte de Romont et Philippe, seigneur de Ravenstein viennent mettre le siège, devant le château, à la tête de quatre mille piétons allemands armés de quatre canons, armes encore peu utilisées à l'époque. Battue en brèche, la forteresse résiste durant trois jours. Voyant qu'aucun secours ne leur parvient, les Français se rendent après un siège très meurtrier. Le seigneur de Saint-Marcel accompagné des combattants survivants, est emmené à Mons où il est retenu prisonnier.

Pierre Ier de Hennin-Liétard, seigneur de Boussu, croit alors pouvoir rentrer en possession de son domaine, mais il doit rapidement se rendre à l'évidence : les Allemands le tiennent comme place conquise! Il devra dès lors payer une rançon considérable afin que ceux-ci acceptent de lui restituer son bien en grande partie ruiné.

Mise à jour le Mercredi, 14 Mars 2012 13:06
 
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